Le gobelet réutilisable, symbole des événements éco-responsables

Pourquoi les gobelets réutilisables sont plus écolos que ceux en carton ou biodégradables ?

Mort aux gobelets jetables !

C’est l’été : la saison des pique-niques, des apéros et des barbecues. Autant d’occasions de se dire “Tiens, on va prendre des gobelets en plastique, ça sera plus pratique !”. Ce n’est pas faute de répéter à quel point ces derniers sont un fléau pour l’environnement. “Oui mais bon, c’est juste pour cette occasion.” Pourtant, ce sont 4,73 milliards de gobelets en plastique qui sont jetés chaque année en France selon l’Association santé environnement France (ASEF). Soit 150 par seconde ! 

Or, composés d’un mélange de polypropylène ou de polystyrène, ils sont pratiquement impossibles à recycler. Résultats : 50% d’entre eux sont enfouis en décharges (où il leur faudra 500 ans pour se dégrader) et 34% sont incinérés… S’ils n’ont pas été tout simplement jetés par terre (15%), pour finir leur course dans les océans. C’est pour cela qu’à partir du 1e janvier 2020, la vaisselle à usage unique en plastique, gobelets compris, sera interdite en France.

Carton, biodégradable… les mauvaises alternatives

Crédit photo : Luis Cortes MartinezUnsplash

“Bon alors, on va prendre des gobelets en carton !” C’est loin d’être la meilleure alternative : la fabrication d’un gobelet en carton nécessite tout de même 4,1 grammes de pétrole (contre 3,2 pour ceux en plastique) et demande 13 fois plus d’eau et 2 fois plus d’électricité. Cerise sur le gâteau, la pellicule de plastique qui recouvre la paroi intérieure du gobelet pour que celui-ci soit étanche rend l’objet impossible à recycler ou à composter. 

“Pfff, bon et les gobelets biodégradables, ça passe, non ?” Encore une fausse bonne idée ! Dans ce cas, la fine couche de plastique est remplacée par du PLA, un polymère obtenu à partir d’amidon de maïs. Ils sont théoriquement biodégradables, mais se dégradent seulement dans des conditions de compost industriel (avec de haut niveau de chaleur et d’humidité). Ce type de plastique n’est par ailleurs ni trié, ni collecté… 

Le sujet expliqué simplement en 2 min !

Le gobelet réutilisable, la seule vraie bonne option, adoptée dans de nombreux événements

Crédit photo : Ryan EvertonUnsplash

“Mais je sers mon punch dans quoi, moi alors ?!!” Oubliez le jetable, quelle que soit la matière. Il faut du RE-U-TI-LI-SABLE ! C’est pour cela que les festivals qui fleurissent aux quatre coins de la France durant l’été ainsi que les autres manifestations (sportives, culturelles, politiques, …) l’ont adopté. Et pour cause, 50% des déchets produits par un événement public proviennent de l’utilisation de gobelets en plastiques jetables et non recyclables.

De ce fait, les gobelets réutilisables séduisent de plus en plus les organisateurs d’événements. Un seul gobelet par participant est nécessaire contre trois jetables en moyenne lors d’une manifestation. Avec la mise en place d’un système de consigne, les gobelets sont récupérés à la fin de l’événement pour être lavés et réutilisés lors d’un prochain rendez-vous. 

“Au moins 7 fois, ton gobelet tu utiliseras”

Crédit photo : Ryan EvertonUnsplash

Un gobelet peut ainsi être utilisé plus d’une centaine de fois avant que son état le rende inutilisable, selon une analyse menée par l’association « Mais qu’est-ce que tu fabriques ? ». En polypropylène, ils pourront également être recyclés en fin de vie. Mais attention, il faut que le gobelet puisse servir 7 fois minimum pour qu’il soit plus vertueux que son équivalent jetable. Sinon, les matières et énergies utilisées pour sa fabrication ne seront pas “remboursées” : c’est ce qu’on appelle l’énergie grise. 

Plusieurs pratiques sont donc mises en place pour inciter les participants à retourner les gobelets sur les événements et pour qu’ils n’aient pas envie de repartir avec comme souvenir. Utiliser un visuel le plus générique possible, avec des gobelets non millésimés par exemple (“Vieilles Charrues” plutôt que “Vieilles Charrues 2019”). Ou bien mettre à disposition un nombre conséquent de points de retours à la fin de l’événement. En général, les organisateurs ont un taux de retour d’environ 70%. Il faut donc espérer que les 30% qui ne sont pas rendus soient bien utilisés au moins 7 fois. “Eh ben voilà, je vais pouvoir utiliser mes gobelets collector du Hellfest pour servir mon punch alors !”

L’événementiel durable prend de l’ampleur

Le secteur de l’événementiel en pleine évolution

Transports des biens et des personnes, matériel, restauration, traitement des déchets… Au-delà de la problématique des gobelets, les enjeux environnementaux et sociaux sont nombreux dans le domaine de l’événementiel

Filière réputée assez polluante, elle a du faire évoluer ses pratiques au cours des dernières années, notamment avec la création en 2012 de la norme NF ISO 20121 qui aide les organisateurs des différents types de manifestations à intégrer le développement durable dans leurs activités. 

Crédit photo : Aranxa EsteveUnsplash

De nombreuses ressources disponibles sur l’événementiel durable

L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) a donc mis à disposition des ressources en ligne sur son site de l’éco-communication pour mieux identifier les enjeux de l’événementiel éco-responsable.  

Depuis 2007, le collectif Éco-événement, composé des 7 principales associations de la filière événementielle, œuvre à “sensibiliser, informer, encourager, échanger, rassembler et accompagner la filière événementielle vers une démarche éco-responsable et des événements éco-conçus.” Leur site d’information sur le développement durable est destiné à tous les professionnels et futurs acteurs de l’événement. 

Autre source d’informations intéressante, le portail 3-0 qui référence les prestataires responsables labellisés, et qui met en avant les actions de chacun. 

L’événementiel éco-responsable, un secteur qui recrute

Crédit photo : Clem OnojeghuoUnsplash

L’accompagnement des organisateurs, que ce soient des entités publiques, comme les collectivités, ou des entreprises privées, est un domaine d’activité qui prend donc de l’essor, avec de nouvelles missions : conseil en stratégie développement durable, formations en RSE, accompagnement sur la certification ISO 20121, aide aux prestataires pour développer une offre responsable, création de diagnostics ou d’audits, … 

On y retrouve des acteurs comme Green Evénements (cabinet conseil spécialisé en stratégie développement durable dans le secteur de l’événementiel), la Koncepterie (organisation d’événements engagés) ou bien Herry Conseil (management responsable des événements), pour n’en nommer que quelques-uns. Et bien évidemment, les fabricants de vaisselle réutilisable sont eux aussi des acteurs qui se développent. On peut citer parmi eux Ecocup, Esprit Planète ou encore Greencup.


Sources de l’article : 

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